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Image de Natalie Kinnear

Choc émotionnel et traumatismes :
comprendre ce qui se passe (et comment se reconstruire)

Un choc émotionnel peut frapper sans prévenir : accident, annonce médicale, agression, harcèlement, deuil, séparation, catastrophe, ou “simple” épisode vécu comme trop brutal. Le corps et le psychisme font alors ce qu’ils peuvent pour survivre : se figer, s’emballer, se couper, tenir “en pilote automatique”.

Cette page vous donne des repères clairs, sans dramatiser ni minimiser. L’objectif : vous aider à comprendre les réactions post-choc, à repérer quand elles s’installent, et à envisager des pistes d’accompagnement psycho-émotionnel, en complément d’une prise en charge médicale si nécessaire.

Choc émotionnel : une réaction normale à un événement anormal

Un choc émotionnel n’est pas une “faiblesse”. C’est une réponse neurobiologique de protection quand le système nerveux estime qu’il n’a pas les ressources pour traiter ce qui arrive. Certaines personnes pleurent, d’autres restent parfaitement calmes, d’autres encore s’agitent : ce sont des variantes d’un même mécanisme de survie.

 

Après l’événement, le cerveau tente de “classer” l’expérience. Quand l’intensité dépasse la capacité d’intégration, la mémoire peut rester fragmentée (images, sensations, alarmes internes). Ce décalage explique pourquoi on peut aller “objectivement mieux” tout en se sentant intérieurement en danger.

Traumatismes : quand l’alarme ne se coupe plus

On parle de traumatisme quand la réaction post-choc persiste et déborde la vie quotidienne : sommeil, humeur, concentration, relations, sécurité intérieure. Ce n’est pas la gravité “sur le papier” qui fait le trauma, mais la façon dont l’événement a été vécu : imprévisibilité, impuissance, isolement, répétition, menace, absence de soutien.

 

Certaines personnes développent des symptômes rapidement, d’autres “tiennent” longtemps puis s’effondrent plus tard. Ce décalage est fréquent : le corps encaisse, puis réclame son dû.

 

Signes fréquents après un choc ou un traumatisme

Signes émotionnels

Anxiété, irritabilité, colère, tristesse, honte, culpabilité, peur diffuse, impression d’être “à fleur de peau”. Parfois l’inverse : sensation d’être vide, détaché, “comme anesthésié”.

 

Signes corporels

Hypervigilance, sursauts, tensions, douleurs, fatigue inhabituelle, troubles digestifs, oppression, agitation ou au contraire ralentissement. Le corps parle souvent avant que la tête comprenne.

 

Signes cognitifs et comportementaux

Flashbacks, images intrusives, ruminations, trous de mémoire, difficultés de concentration, évitement (lieux, personnes, conversations), besoin de contrôle, isolement. Certaines personnes augmentent aussi leurs “stratégies d’anesthésie” : écrans, travail, nourriture, alcool, etc.

Repère important : un symptôme n’est pas un verdict. C’est un signal. Il indique que le système nerveux tente de se protéger.

 

Ce qui entretient le trauma (et pourquoi “se raisonner” ne suffit pas)

Après un choc, le cerveau apprend très vite : “danger = partout”. Résultat : il déclenche l’alarme avant même l’analyse. Vouloir convaincre son corps qu’il n’a pas peur, c’est un peu comme négocier avec une alarme incendie en lui récitant le règlement intérieur.

Plusieurs facteurs peuvent maintenir le problème : évitement (qui soulage sur le moment mais renforce la peur), hypercontrôle, isolement, manque de sommeil, stress chronique, répétition d’événements, ou absence d’espace sécurisé pour déposer ce qui a été vécu.

Quand consulter et à qui s’adresser

Situations où un avis médical est prioritaire

Idées suicidaires, mise en danger, crises sévères, consommation problématique, symptômes dissociatifs marqués, ou tout symptôme nouveau, intense, inhabituel ou durable. En cas d’urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

 

Et l’accompagnement psycho-émotionnel dans tout ça

Un accompagnement psycho-émotionnel peut aider à retrouver de la sécurité intérieure, à réduire l’intensité des réactions, à remettre du sens et du choix là où tout semble automatique. Il ne remplace pas la médecine : il intervient en complément, pour la régulation, l’adaptation et la qualité de vie.

 

Objectifs d’un accompagnement après choc émotionnel

L’objectif n’est pas d’effacer l’histoire, mais de diminuer la charge émotionnelle et de restaurer une sensation de stabilité. Concrètement, on cherche à :

  • réduire l’hyperactivation (stress, hypervigilance, insomnie)

  • apaiser les boucles de reviviscence (images intrusives, ruminations)

  • travailler l’évitement et la reprise progressive d’activités

  • renforcer les ressources (sécurité, limites, ancrage, auto-régulation)

  • remettre du lien entre corps, émotions et pensées sans se faire déborder

Approche : thérapie brève et régulation (repères)

Dans une logique de thérapie brève, on s’intéresse à ce qui maintient le problème aujourd’hui, autant qu’à ce qui l’a déclenché. Le rythme est adapté : après un choc, aller trop vite peut réactiver; aller trop lentement peut laisser l’évitement s’installer. On cherche le “bon dosage”.

Le travail peut intégrer des outils de régulation (respiration, ancrage, exposition progressive, recadrages, métaphores, consolidation des ressources) et un accompagnement centré sur la sécurité émotionnelle, surtout quand la vie quotidienne est déjà chargée (dépression, burn-out, maladie, responsabilités familiales).

 

Place du PSIO et des audiocaments®

Le PSIO (luminothérapie + relaxation guidée) et les audiocaments® peuvent soutenir la détente, l’apaisement et la récupération. Dans un cadre d’accompagnement, ils peuvent servir de “sas” de régulation : baisser le niveau d’alarme avant ou après un temps de travail, faciliter l’intégration émotionnelle, et renforcer les routines de retour au calme.

Important : ces outils ne constituent pas un traitement médical du traumatisme. Ils peuvent être un support de régulation, utile notamment quand le stress perturbe le sommeil, la douleur ou la capacité à récupérer.

Déroulé type : à quoi s’attendre

1) Un cadre clair et sécurisant

On commence par définir l’objectif (concret, observable), le niveau de sécurité actuel, et les déclencheurs.

Le but : que vous restiez aux commandes pendant l’accompagnement.

 

2) Un plan de travail sur-mesure

Selon votre situation : régulation du système nerveux, reprise du sommeil, diminution de l’évitement, consolidation des ressources, et travail ciblé sur l’impact du choc.

 

3) Stabilisation et autonomie

On installe des outils simples et réutilisables. Le meilleur résultat n’est pas “je ne ressens plus rien”, mais “je sais quoi faire quand ça monte”.

Ressources et références

  • INSERM : repères généraux sur stress, santé mentale et réactions psychologiques.

  • Organisation mondiale de la Santé (OMS) : informations grand public sur la santé mentale et la prise en charge.

  • Haute Autorité de Santé (HAS) : recommandations et repères de qualité pour l’accompagnement et l’orientation.

  • Association américaine de psychiatrie (DSM-5-TR) : critères cliniques (repères de compréhension, non auto-diagnostic).

  • CN2R (Centre National de Ressources et de Résilience) : informations et ressources autour du psychotraumatisme.

Questions fréquemment posées

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